Il y a des mots qu’on voit passer de temps en temps sur la toile et dont on ne connait pas vraiment le sens.
C’est le cas de « mème » (pas très joli à prononcer d’ailleurs), qui n’est pas si courant que ça mais qu’on a tous lu un jour sur notre écran.

Un mème c’est quoi ?

Rien de mieux qu’une petite citation de Wikipedia à ce sujet, nos bons vieux dicos étant bizarrement muets ou trop évasifs sur ce terme (NB : n’hésitez pas à jeter un œil sur le dictionnaire de l’Académie française, ça vaut vraiment le détour) :

Un mème (…) est un élément culturel reconnaissable (par exemple : un concept, une habitude, une information, un phénomène, une attitude, etc.), répliqué et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus.

Richard Dawkins, biologiste et éthologiste, serait le père fondateur de ce terme (assez récent, puisqu’il aurait vu le jour en 1976), issu de « mimesis » qui signifie « imitation » en grec. Pour Dawkins, les mèmes sont :

des réplicateurs, comparables à ce titre aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.

On parle même de mémétique, nouvelle science ou nouveau prisme permettant d’étudier l’évolution des cultures avec un grand C.

Et sur le web ?

Sur internet, qui fait aujourd’hui partie intégrante de notre culture, les mèmes sont un peu plus légers à appréhender et souvent bien plus drôles.

Le principe est similaire à la définition sociologique que nous venons d’évoquer : il s’agit de reproduire ou d’imiter une image, un son, etc. qui au fil des partages, des diffusions et des contributions, devient progressivement un élément de la « culture numérique ».
Un billet très intéressant publié il y a quelques temps sur Ecrans explique l’histoire du mème sur internet :

Au milieu des années 90, le néologisme est utilisé pour décrire les idées ou informations, qui, tel un virus, se répliquent rapidement sur la toile. On s’accorde à dire que leur origine vient de Usenet, les forums de discussion d’avant le web. Ces communautés virtuelles se sont créé un langage – comprenant photographies, expressions ou personnages (réels ou issus de films, mangas, jeux vidéo) – utilisées, généralement comme commentaire, dans un but humoristique ou critique.

Quelques exemples ? Le fameux PewPew décliné sur des chats, des hommes politiques et même sur des jeux vidéos, ou encore le très célèbre keyboard cat.

Mème & buzz, même combat ?

Un mème, c’est donc de la communication virale, du bouche-à-oreille et bien souvent du « téléphone arabe » : le fil rouge est maintenu entre tous les contenus d’un mème, qui peut parfois prendre une tournure différente de la version originale au fur et à mesure que le phénomène grossi et de l’inspiration de chacun de ses auteurs.

Un mème a donc fait du buzz au moins une (et souvent plusieurs) fois, mais un buzz ne devient pas forcément un mème. Le buzz est plus éphémère et n’a pas cette dimension culturelle, ou de référence sur un laps de temps assez long, qu’a le mème.
Et puis, bien souvent, le mème est le résultat d’une création privée, dont la propagation sur la toile n’a pas été prévue, et qui n’a pas pour objectif de vanter un produit ou une marque (à l’exception peut-être des jeux vidéos et de certains films). Le buzz l’est beaucoup plus.
A l’inverse, les mèmes sont souvent utilisés pour tourner en dérision des personnalités. Si Jean-Claude Van Damme avait fait ses interviews « aware » un peu plus tard, il aurait très certainement fait partie des mèmes les plus populaires 😉
N’hésitez pas à commenter ce billet et à proposer vos mèmes préférés !
Voir aussi dans cette rubrique « définition » :
La définition du jour : médias sociaux & réseaux sociaux
La nuance du jour : web & internet