Savez-vous ce qui se joue avant qu’un podcast ne parvienne à vos oreilles ? Le phrasé fluide, les mots justement accentués, la virgule bien placée… Ce média a beau solliciter l’ouïe plus que la vue, il repose parfois sur un travail rédactionnel dont nous ne sommes pas forcément conscients. Dans d’autres cas, c’est tout le contraire et la spontanéité est préservée autant que possible. Du script à la description qui va bien, deux podcasteurs nous dévoilent les dessous de leurs productions, qu’ils font mijoter avec passion — sans suivre la même recette. C’est Guillaume Genest, responsable design à l’agence LunaWeb et podcasteur pour Salut les Designers, qui ouvre le bal.

Le podcast est un format qui continue de séduire par sa simplicité, son accessibilité et sa consommation rapide. Ce dont on ne se rend pas compte, c’est qu’il cache un temps de travail colossal pour que le rendu soit le plus naturel mais aussi le plus qualitatif possible. En préparant cet article, nous sommes passées par plusieurs suppositions. À votre avis, produire un podcast, est-ce seulement enregistrer et remanier des conversations, ou vaut-il mieux l’accompagner d’une bonne dose de rédaction ? Est-ce un travail solitaire ou implique-t-il l’intervention de plusieurs personnes ? Quid de l’aspect technique, à la fois du contenant et du contenu ? Nous sommes allées sur le terrain (ou presque, la technologie aidant) et les réponses sont plutôt différentes d’un podcasteur à l’autre !

Deux écoles, un objectif commun

Il y a en réalité deux façons de faire : avancer selon son inspiration du moment, ou planifier dans les moindres détails. Quelle que soit celle que l’on adopte, le résultat est toujours empreint d’une touche personnelle. C’est ainsi que l’on reconnaît la « patte » de chaque créateur de contenu de la « podcastosphère ».

Pour sa part, Guillaume Genest fait partie de la team spontanéité modérée. Sa botte secrète : de la veille, une trame, du montage et une transcription fidèle à la réalité. C’est, pour lui, la formule idéale pour qu’un podcast prenne vie. Une formule qu’il exécute avec une bande de passionnés de design et chevronnés du podcast, baptisée Salut les Designers.

Equipe podcasteurs Salut les Designers
Crédit photo : Stéphanie Pierre

Dans les coulisses du choix et de la structure du podcast

Concrètement, en amont de l’enregistrement, Guillaume Genest et son équipe écument les réseaux sociaux et les plateformes de streaming. Une fois le sujet identifié, ils déterminent, dans les grandes lignes, la structure de leur prochain podcast. « Pour pouvoir communiquer facilement dans un format interview qui ne soit pas trop long pour l’auditeur, nous définissons une dizaine de questions. Nous avons fait ce choix car nous tenons à mettre en valeur la personne interrogée », dit-il.

Ainsi, l’univers du design est exploré de la façon suivante :

  • Un tiers de l’entretien est axé autour de l’expertise du professionnel,
  • Un tiers traite de ses tâches au quotidien, de ses prestations à sa vision du métier,
  • Un tiers pose un regard sur l’avenir.

Cette trame est ensuite envoyée aux intervenants pour qu’ils aient le temps, en amont, de se projeter et de préparer l’interview. Toutefois, Salut les Designers a à cœur de laisser libre cours à l’échange. « Si une question soulève un champ de discussion intéressant pour nous et pour notre audience, autant creuser le sujet, quitte à minimiser certains points que nous avions prévu d’aborder », explique Guillaume Genest.

Car s’il y a une chose qui importe aux créateurs de podcasts, c’est bien le fait que le contenu soit aussi complet qu’agréable à écouter — à la manière des textes écrits avec amour par vos rédacteurs 😉 Un schéma qui exclut toute planification trop poussée, pour laisser place à la flexibilité.

Côté longueur, y a-t-il une durée minimale ou maximale à respecter ? Pour sa part, notre interlocuteur admet que les auditeurs sont moins réceptifs aux podcasts trop longs. Néanmoins, il souligne que le format offre par défaut une grande liberté, avec une moyenne acceptable située entre 30 et 45 minutes. « Une heure maximum », tout de même ! Transposé en temps de lecture, on est quasi certain qu’un article de cet acabit ne serait pas lu dans son intégralité…

L’accessibilité, clef de voûte d’un podcast efficace

Le podcast requiert par ailleurs la maîtrise de plusieurs éléments dont on n’a pas forcément conscience lorsqu’on est de l’autre côté du transistor. Guillaume Genest cite en vrac :

  • du matériel audio pour un son de qualité,
  • des logiciels de montage pour fluidifier le discours,
  • un outil de transcription le plus précis possible pour rendre le média accessible au plus grand nombre.

Une fois que le podcast est enregistré et assemblé, certains podcasteurs font le pari de le retranscrire avec l’aide d’un rédacteur. Ce travail consiste à reformuler certains passages, voire à adapter le contenu sous la forme d’un article de blog. Guillaume Genest observe également que de plus en plus de créateurs en synthétisent les points essentiels, ou au contraire les enrichissent à l’aide d’un texte plus étoffé.

De son côté, Salut les Designers a opté pour une expérience de lecture fidèle à l’audio. Un gain de temps, quand on sait que dix minutes de parole demandent une heure de transcription ! Mais Guillaume Genest le reconnaît : « Si on avait choisi de donner plus d’importance au contenu rédigé, on l’aurait davantage travaillé pour que le référencement soit plus pertinent ».

L’étape finale : la diffusion

Il existe donc plusieurs façons d’approcher et d’exploiter le podcast, et tout autant d’options pour le faire vivre sur les internets — via les applications de streaming, celles exclusivement dédiées aux podcasts ou encore un hébergement maison. Pour donner de la visibilité à ses créations, Salut les Designers a fait le choix de leur consacrer un site. Ils sont également relayés sur les réseaux sociaux et sur les supports de diffusion telles qu’Apple Podcasts.

Tout cela, alors que d’autres misent sur une communication plus poussée, à base d’articles de blogs plus fournis, de tweets et de newsletters… À la manière de l’équipe du Digital Pour Tous, dont nous vous parlerons dans le prochain épisode 😉