Quand la veille rencontre son public – Retour sur l'Atelier du Web

Mercredi dernier, j’ai été invitée par Flavien (aka @moderateur) et François (aka @secteur_sud) à participer à un Atelier du Web dédié à la veille sur internet.

L’objectif : expliquer ce qu’est la veille, à quoi ça sert, comment on travaille (bien), quelles méthodes, quels outils, à quel prix, etc.

Les participants ont été nombreux à se déplacer et à poser des questions. Bonne nouvelle donc : la veille intéresse, et de plus en plus de monde si je ne m’abuse !

La veille suscite l’intérêt

C’est en tout cas ce que ce type d’évènement m’amène à penser. En organisant le VeilleLab Ouest par exemple, nous n’étions pas certaines avec Caroline de rencontrer notre public. Car depuis que je travaille dans la veille, j’ai souvent eu l’impression d’être « seule au monde ».

Toujours est-il que les rencontres du VeilleLab Ouest se sont succédées (Nantes, Rennes, Angers puis à nouveau Rennes), avec en moyenne 25/30 participants. Ce qui est quand même pas mal pour une rencontre informelle sur un métier peu connu !
Je crois ne pas être la seule à en arriver à cette conclusion : les autres régions qui organisent des rendez-vous sur la veille ont été elles aussi agréablement surprises.

Pour en revenir aux Ateliers du Web, nous étions environ 35 participants au total, d’après les chiffres officiels. Sans compter que nous avions assez peu communiqué sur ce rendez-vous, moi la première !

Autre élément qui me fait penser que la veille suscite l’intérêt : au-delà de l’aspect quantitatif (le nombre de personnes), les participants ont posé beaucoup de questions. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ce format, car nous sommes sortis du cadre classique intervenant-qui-parle / public-sage-qui-écoute-et-qui-note : le public était actif, et c’était plutôt lui qui orientait les discussions (formidablement animées par Flavien et François :)

La question des outils prédomine

Parmi les nombreuses questions, il m’a semblé que celles concernant les outils ont pris plus de place que les autres.

Si vous lisez ce blog, je pense que vous commencez à connaître mon avis sur la question : les outils, c’est important, oui, mais ce n’est pas le premier point à soulever.

Exemple d’une question qui a été posée lors de l’Atelier : « Je reçois beaucoup trop d’infos dans mon lecteur de flux RSS… Quel outil pourrais-je utiliser pour limiter ce trop plein d’informations ?  »

[Interlude métaphore]

Prenons l’exemple de Nicolas le jardinier, qui s’est enfin décidé : cette année on mangera des légumes du potager !
A votre avis, la première question à se poser est-elle de choisir une pioche ou une serfouette ? Que non ! Nicolas le jardinier réfléchira avant à :
– ce qu’il souhaite récolter ;
– faire un bilan de l’existant (il a peut-être des graines quelque part, la terre est-elle déjà préparée) ;
– se renseigner sur comment faire pousser ses légumes (et peut-être connait-il quelqu’un de plus expérimenté qui pourra l’aider) ;
– au budget qu’il aura à sa disposition ;
– etc.

[Fin de cet interlude]

La réponse à la question posée en haut serait donc (et c’est ce que j’ai répondu je crois) : avant de penser aux outils, il vaut mieux réfléchir tout d’abord aux infos dont on a vraiment besoin (définir ses axes de veilles) et comment le retranscrire au mieux sous forme de mots (cibler le paramétrage), ou encore aux sources pertinentes et spécialisées qui nous éviterons d’avoir recours à des requêtes trop généralistes.

Et ensuite on pourra choisir un outil, peut-être différent de celui qu’on a déjà s’il n’est pas adapté. Mais ce travail de préparation sera à faire dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un outil gratuit où tout reste à faire, ou d’un outil payant plus ou moins magique.

J’ai donc beaucoup aimé cet Atelier du Web, à la fois pour son organisation (merci les animateurs) et pour son interactivité avec le public (merci public ;)

Et puis merci aussi à Fabrice Fontaine de Médiaveille (qui a été un attentif observateur de notre jeu sérieux) et à Fabrice Mazoir de RégionsJob, qui ont participé avec moi à cet Atelier.

Vous pourrez retrouver le support de présentation de l’Atelier du Web dédié à la veille sur le site de La Cantine Numérique Rennaise.

A propos de l'auteur :


Amoureuse des mots et fan d'Alain Rey, Marie est aussi la fondatrice de L'Œil au Carré. Quand elle n'écrit pas sur ce blog, Marie forme et accompagne les entreprises dans leur stratégie de communication sur les médias sociaux.

3 Commentaires

  1. Et surtout merci à toi d’être venue ! :-)

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  2. En tous cas, c’était un plaisir de te voir parler de la veille au public qui s’est déplacé. Remercions tout de même Raphaël et Lionel qui ont, je crois, pas mal participer au fait que le public ait autant participé.

    C’est vrai que la veille intéresse le public professionnel, mais c’est quand ils voient le prix d’une presta que manifestement ils n’ont pas fait le lien avec le temps de travail que ça demande.
    A se demander si le meilleur modèle pour un veilleur ne serait pas de se mettre en indé et de vendre ses compétences pour monter des cellules de veille chez l’annonceur que ce dernier ferait alors tourner seul ensuite.

    Répondre
  3. Oui c’est vrai que Lionel et Raphaël ont été très actifs ;)

    Pour rebondir sur ton commentaire, je pense que la veille a du mal à prendre sa place :
    – parce-qu’on veut surveiller trop de sujets (du coup c’est plus cher), alors qu’il est conseillé de « faire le tri » ;
    – parce-qu’on pense qu’on reçoit assez d’informations comme ça, alors que la valeur ajoutée de la veille ce n’est pas la quantité mais la qualité des infos ;
    – parce-que la veille repose aussi sur un partage des infos dont on dispose (pour alimenter la veille justement) et qu’on reçoit (pour le développement d’un projet par exemple), et que nous ne sommes culturellement pas habitués à cette dynamique du partage.

    Mais la veille fait son chemin dans les entreprises (et les acteurs publics), c’est en tout cas ce que j’ai pu constater depuis quelques années !

    Répondre

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